BIO

Adrienne Arth, photographe-plasticienne expose depuis une dizaine d’années en France et à l’Étranger en galeries, salons, expositions collectives, parcours artistiques. Sous son nom de Frédérique Wolf-Michaux (comédienne, chanteuse, metteur en scène) sa carrière artistique est, par ailleurs, marquée par trente ans de créations théâtrales (spectacles en Scènes Nationales, partenariat avec des musiciens, des plasticiens et des poètes) cf www.fwm-lukm.com.

Adrienne Arth est membre fondateur du groupe Transfiguring, créé en 2015 par sept photographes plasticiens. www.transfiguring.net

DÉMARCHE ARTISTIQUE

J’ai découvert la photographie à l’adolescence, avec un appareil argentique, faisant mes propres tirages dans le labo que ma mère installait dans la cuisine. Je faisais des photos non pas tant pour garder des souvenirs que pour rêver : un pan de mur, une ligne d’arbres, une boîte aux lettres seule sur une route vide… Ce qui m’intéressait déjà n‘était pas la reproduction fidèle du réel, mais plutôt ce qui le déplaçait, le décalait, le mettait en mouvement comme par effraction.

J’ai ensuite mené ma carrière théâtrale liée, indirectement, à l’univers de l’image photographique où vidéo, que j’utilise dans mes spectacles tout en continuant une exploration personnelle de la photo nourrie par cette expérience. Expérience de l’illusion, des corps, du geste, du rythme, de la lumière, de la dramaturgie, de la construction de plans, de l’harmonie ou de sa brisure,  du silence et du bruit, du cadre et d’un espace où l’utilisation de différents médiums construit une fiction visuelle sensible. L’image d’une sensation. Puis la photo a pris sa place autonome de création artistique à part entière.

Ma démarche photographique ne cherche pas à rendre seulement compte du réel ni à en témoigner, mais à le saisir autrement, dans un geste plastique et subjectif. Je ne mets cependant pas mes sujets en scène car ce qui m’intéresse c’est d’explorer ce matériau du réel dans son hasard et sa fugacité en même temps que son déplacement par l’intériorité et la singularité d’un regard. Questionner l’image, son statut, sa signifiance, son rapport à la réalité et son rapport à l’histoire de la peinture, de la photographie, de la représentation c’est ce que fait aussi, pour moi, l’acte photographique.
Je travaille toujours en prise directe ou, selon les thèmes, en superpositions de photos, toujours personnelles, que j’appelle « fonds » et qui transforment la photo principale.
Chaque photo est une scénographie, où le motif apparait aussi comme une figure, un ensemble de lignes de tension, de jeux de couleurs et où les zones de flou viennent estomper les contours des choses et des êtres. Les reflets, les surfaces vitrées, la neige ou la pluie voilent des paysages entre réalité et imaginaire. A travers les différentes séries, consacrées à des sujets qui me touchent plastiquement et personnellement, je cherche à élaborer une manière, une matière, qui reflètent « une vérité » au croisement du réel et du regard qui le saisit comme expérience visuelle et émotionnelle et non comme donnée objective.
Ce travail, à la lisière de l’intime et du public, du monde et de sa métamorphose, se tient en équilibre sur ce fil de l’instant, où la photographie reflète le réel, mais aussi le dénoue de lui-même dans une écriture décalée, le saisissant dans son évidence et sa surprise par une image à la fois immédiate et interrogative.

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